Laurent Fillion

Osez la malhonnêteté intellectuelle

Fillion - ou - Osez la malhonnêteté intellectuelle

Le pluriel, l'indéfini

On comprend assez vite le principe :

  • Ils sont réacs, ils sont méchants.
  • => Implicite : moi je suis progressiste, je suis un gentil, dans le camp du Bien.

On se demande, à chaque fois, de qui il parle. Qui sont ces "ils", qui sont ces "certains", dans quelle "meute" formée de quels chiens ?

Et surtout : à quels propos fait-il donc référence sans y faire référence ?


Alors on lui demande ce qu'un prof d'Histoire pourrait assez naturellement donner de lui-même, ne serait-ce que par réflexe professionnel : des citations, des sources, des documents.



Bien entendu, il est impossible de tout citer.

On ne parle pas ici d'un égarement passager. Cette incapacité de Laurent Fillion à comprendre pourquoi il est important d'appuyer ses propos sur du réel est constitutive de ce qui lui tient lieu de pensée.

L'allusion vague et mensongère est la nature même de sa parole.

Sans donc que ce soit exhaustif, voici quelques autres appels à l'honnêteté qui ont pu lui être lancés - toujours en vain.

Les plus patients peuvent suivre les liens vers Twitter, donnés sur chaque capture.



Que se passe-t-il ensuite ?

Le plus souvent : rien.


On peut, preuve à l'appui, révéler la malhonnêteté intellectuelle de Laurent Fillion sans que ça le gêne plus que ça, sans qu'il pense utile de tenter de se disculper.

Parfois, il sent bien quand même qu'il faudrait faire un peu semblant, alors il cite quelque chose d'autre, sans lien avec le propos de départ. Mécanique déjà analysée l'an dernier.


(Rien ne s'améliorant dans le fonctionnement de son esprit, il est inutile de mettre à jour avec de nouveaux exemples. On appréciera en particulier le premier tweet cité ci-dessous: militant d'un courant syndical où l'action consiste essentiellement à suivre les Autorités sans jamais critiquer, et à ne faire grève que de manière exceptionnelle et avec une moue de dégoût, Laurent Fillion n'hésite pourtant pas à pointer de mystérieux non-grévistes qui feraient semblant d'être en grève.)



Pourquoi c'est affligeant

Parce qu'un prof qui ignore à ce point l'exigence de la preuve, de la démonstration, de l'argumentation, c'est stupéfiant - quelle que soit sa matière.
Quand on enseigne l'Histoire, le contresens est encore plus grave, parce qu'il porte sur la nature même de la discipline enseignée, et sur sa démarche (rassembler, comparer et comprendre des documents, analyser, citer, sourcer).

Cette méconnaissance essentielle de ce qu'est la réflexion lui permet de pratiquer allégrement l'amalgame, en revendiquant lui-même ce degré zéro de la pensée.

Ici, Laurent Fillion ratisse large - ce qui n'a rien d'exceptionnel chez lui.

L'article raconte comment un lycée innovant est attaqué par le GUD, un des bras armés de l'extrême-droite.

Tous ceux qui portent un regard critique sur le pédagogisme peuvent ainsi bien comprendre la démonstration: ils sont sympathisants du GUD.

Il y a des variantes: à d'autres moments, les esprits critiques sont assimilés à la Manif Pour Tous, par exemple.

Et dans ce degré zéro de la réflexion, avec ce ton inspiré pour pratiquer la bêtise la plus épaisse, il y a cette formule récurrente: "Pas d'amalgame".


Laurent Fillion est une personne assez naïve pour penser que reconnaître la médiocrité (ici sous la forme de l'amalgame) le lave de la médiocrité.


Ben non, Laurent Fillion: nommer vous-même la bêtise de votre réflexion ne l'excuse en rien, et dire vous-même le naufrage intellectuel ne l'amenuise nullement.

Là non plus, pour cette technique assumée - et même revendiquée - de l'amalgame, il n'est pas possible de tout citer.

Dans le tableau ci-dessous (comme pour tout ce qui est cité dans ce document), des liens permettent aux lecteurs patients de vérifier qu'on ne parle pas d'un égarement intellectuel passager, mais d'un système de pensée (même si - en l'occurrence - le terme "pensée" convient mal).

Ceux qui ont critiqué les programmes et les propos de Lussault sont des nationalistes, comme Zemmour.

Ceux qui ont critiqué #Collège2016 partagent les idées du Front National.

Ceux qui ont écrit dans Marianne (ou peut-être l'ont simplement lu?) sont… (je ne sais pas trop quoi, je ne connais pas).


Ceux qui préfèrent transmettre une culture plutôt que des "soft skills" sont des harceleurs sexuels.

Ceux qui ont critiqué une méthode de lecture sont sympathisants du FN.

Ceux qui accusent le pédagogisme de mettre à mal l'enseignement des disciplines sont des réacs homophobes.




Laurent Fillion sort parfois de l'indéfini et du pluriel, dans des accusations toujours mensongères, mais nominales. Il fut ainsi une époque, où, tous les trois mois environ, il me prétendait auteur "aigri des Cahiers pédagogiques". Les preuves rapides du mensonge ne l'empêchaient pas de tourner en boucle sur cette accusation grotesque. Il avait fallu prendre le temps d'une démonstration plus longue.

Mais si ce type de mensonge puéril peut amuser, l'allusion vague et indigne, chez Laurent Fillion, est souvent plus grave.
Un exemple récent, parmi des douzaines.

Ici, on entre dans l'ignominie.

Comme d'habitude, pas de lien, pas de citation de documents.

Pour savoir de quoi il s'agit, il faut aller chercher soi-même.

On découvre ainsi :

  1. Que le vertueux Laurent Fillion lit Valeurs Actuelles

  2. Que l'accusation perfide et allusive (les méchants qui seraient d'extrême droite) repose sur le fait:
    - d'être cité (oui, on est désormais responsable de qui vous cite)
    - d'être cité pour un article (excellent) où Loys Bonod analyse comment l'IFRAP, think tank ultra-libéral, trafique les chiffres pour dire qu'il y a trop de profs.

La malhonnêteté intellectuelle est toujours la même, mais Fillion sombre ici, en plus, dans la veulerie et le naufrage moral.

Occasion de rappeler une évidence.

Bien sûr, Laurent Fillion ne changera pas. La sclérose intellectuelle est trop ancienne. C'est fossilisé.

Mais je déclare aux quelques personnes* qui ont liké et/ou retweeté l'ignominie ci-dessus:

  • soit vous avez fait l'effort de comprendre de quoi Fillion parlait, en cherchant le document qu'il ne citait pas, et vous avez "liké" / "retweeté" quand même

  • soit vous avez promu le tweet sans chercher à comprendre

Dans le premier cas, vous êtes moralement aussi minables que lui.

Dans le deuxième cas, vous êtes des imbéciles : on ne cite pas quelqu'un d'aussi malhonnête sans vérifier.

_____________________

* Oui, je parle de vous, et c'est par pure humanité que je n'écris pas vos noms.

Les contre-exemples

Parfois, Laurent Fillion sait citer une source.

Quand la source, c'est...
… lui-même et que, en toute objectivité, il peut démontrer une "belle réussite".

Quand la source, c'est...
… ce qui s'est dit au même moment dans tous les centres de corrections de France et de Navarre.


Rien de tel, pour dénoncer une prétendue "Fake news", que d'écrire "vérification faite" avec aplomb, pour lancer une "Fake news" bien plus énorme.

Quand la source, c'est…
… ah ben on ne sait pas. Quelque chose de promis, avec un ton menaçant, puis d'indéfiniment reporté.

Il s'agissait, après la grotesque fanfaronnade d'un 100% de réussite au brevet pour ses "classes collaboratives", de donner les chiffres des notes obtenues aux examens écrits, par rapport aux autres classes.

Quand la source, c'est…
… un article de loi sur la diffamation, que Laurent Fillion ressort régulièrement, histoire de faire les gros yeux, sans dire de quoi il parle ni à qui il parle ("Poke…").


Et ce n'est pas le moindre des paradoxes : expert de l'allusion mensongère, de l'amalgame détestable, de l'accusation non-sourcée, Laurent Fillion ne rechigne jamais à se lancer dans un juridisme de l'espace, avec lequel il se croit en mesure - lui ! - de condamner chez les autres une médisance qui n'existe que dans son esprit, alors même qu'elle est continuellement - et lâchement - sous sa plume.

Question ouverte : fausse naïveté ou vraie bêtise ?

Une telle constance dans la malhonnêteté intellectuelle interroge.

Les lacunes disciplinaires sont évidentes et relèvent du constat objectif. Pratiquer si souvent l'allusion non-sourcée révèle un sérieux naufrage intellectuel, pour un prof d'Histoire.

Mais Laurent Fillion, qui sait quel est son public, y trouve son compte.

Observons cela avec un dernier exemple.

Schéma habituel de cette anti-pensée, totalement fossilisée, dans un esprit qui décidément ne l'est pas moins.

=> analyse inutile.

Allons chercher "l'ignominie" de ce méchant mythomane qui s'en prend aux enfants.

L'allusion de Fillion concernait ceci :

Deux choses ici, et deux seulement :

  1. L'effarement de @SackLunch5, quand il voit la pauvreté d'une pédagogie où, en classe de 4e, on préfère se perdre dans la mode inepte du Sketchnote, plutôt que de demander aux élèves d'écrire de façon structurée, en organisant leur pensée, afin de les aider à construire leur esprit.

  2. En plus de cette critique sur une méthode pédagogique, de l'ironie sur @CMorzadec, pédagodiche elle-même, qui s'extasie devant cette méthode du Sketchnote.


Absolument aucune moquerie sur l'élève elle-même. Au contraire, on la plaint de subir des cours aussi pauvres, et on regrette que ses profs la cantonnent ainsi à des activités d'école primaire.

Quand un internaute fait remarquer cette évidence à Laurent Fillion, celui-ci répond :

Et c'est ainsi qu'on passe deux degrés d'un coup dans la malhonnêteté.

  1. Comme "preuve" que la critique sur la méthode pédagogique serait une attaque contre l'élève, Laurent Fillion s'appuie sur… les commentaires qui ont suivi!
    On imagine un cours d'Histoire par Fillion, où les Mémoires de De Gaulle seraient analysés à partir de ce que le Front National commente de lui, par exemple.

  2. Même si les commentaires en question avaient attaqué l'élève, l'auteur du tweet n'en serait nullement responsable. Mais, en plus… ce n'est pas le cas.
    On lit des commentaires qui s'étonnent, eux aussi, qu'une activité aussi pauvre soit proposée à des élèves de 4e. Aucune attaque contre l'élève.

Le mensonge est habituel, il n'y a rien d'étonnant.

Mais venons-en donc à la question : vraie bêtise ou fausse naïveté ?
Pour se faire une idée, il faut enfin observer Fillion quand il est placé face à sa mauvaise foi :

Et il continuera à s'enferrer ainsi sans fin, ad libitum, ad nauseam...


… jusqu'à, maladroitement, finir par avouer pourquoi il a tenté de se présenter en preux chevalier d'une pauvre élève qui n'était ignominieusement attaquée que dans ses fantasmes.
Il s'agissait de trouver un prétexte pour dire toute sa hargne contre un collègue qui avait osé le critiquer, lui.


Mais cela, laissons à chacun le soin de le découvrir, en lisant la suite du fil. On pourra ensuite se faire son opinion sur la question (fausse naïveté ou vraie bêtise?), que je laisse ouverte.



Didier Jodin

(Membre de la #Meute des #Réacs fascistes qui font rien qu'à se livrer à la #Diffamation)